Pour la première fois de ma vie, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai décidé d'aller voir un film dans une salle tunisienne, habituée que je suis aux Gaumont Pathé et autres UGC parisiens. Mais c'est surtout Junun de Fadhel Jaibi qui m'a poussée vers les salles obscures. je comptais y aller à Africart au centre ville avec des collègues et des amies, mais bien entendu en Tunisie, il paraît qu'on évite d'aller au centre ville ( c'est connu il n'y a que des sauvages) et à part les voitures, utiliser le moyen de locomotion qu'est le taxi ou même le TCV reste encore déplacé ( vu que si l'on fait deux mètres à pied à l'avenue Habib Bourguiba, à 20h on risque fort de se retrouver dans la rubrique faits divers le lendemain). Habituée que je suis à rentrer seule et à pied de Place de Clichy à Montmartre à 5h du mat après la virée des pubs de Pigalle à Clichy, j'étais pour le moins étonnée que certaines se refusent à se risquer au centre ville ( et oui, Tunis c'est le Tchad!!!!) pour un malheureux petit film. Ces dames préfèrent aller à el Manar I, remarque ça m'arrange c'est pas trop loin de chez moi, mais quitte à me retrouver avec des sauvages, je préfère encore la lourdeur de tebzins nehj bariz de mes petits tunisiens (tchadiens) plutôt que ces gros cons de libyens parce que tout le monde sait que cinéma Amilcar c'est juste à coté de la rue rebaptisée nahj "tarabels".Me voici donc faisant la queue pour prendre mon billet ( queue c'est un bien grand mot; nous n'étions que cinq ou six malheureux égarés à prendre des billets) au moment de payer je montre ma carte d'étudiante et Monsieur Moustachu derrière le guichet me dit," mamzell, leyoum tarif normal, c'est le we""!!! le WE!!! ça commence un Vendredi en Tunisie????!!! enfer et damnation!!!! et le samedi soir (rouler les "r" svp)vous faites quoi?!!!!double tarif?!!!" haka ya mamzel, el kanoun haka"bon j'ai payé un dinar de plus ( donc 4D)mais c'était pas plus mal que ça. En entrant, la salle était plutôt petite mais sympa, sauf que quand on ouvre la porte pour entrer, toute la lumière du jour se fixe sur l'écran et ça fait le même effet qu'à la maison quand on a la bonne idée de mettre la télé en face de la fenêtre et non devant!!!De plus j'ai failli attraper la crève tellement il faisait froid ( la salle n'est pas chauffée et quand une salle l'est ça doit être tellement rare que c'est mentionné dans la rubrique cinéma de la Presse) Bon j'ai quand même arrêté de faire ma chochotte et j'ai remis mon manteau. Et hop à peine installée, voici que l'acteur principal Mohamed Ali ben Jemaa dont je salue la prestation exceptionnelle (on l'a découvert dans les feuilletons tunisiens ramadanesques) s'offre à nous dans sa souffrance et sa vulnérabilité la plus absolue, face au regard de l'autre, Jelila Baccar la psy...dont le charisme et la prestance n'ont d'égal que sa beauté. La première scène est insoutenable: gros plan sur Mhd Ali ou plutôt sur sa bouche couverte de pustules et comble de tout la bave qui dégouline!! j'ai failli rendre mon quatre heures!! (mais à ce moment je me suis dit il y a quand même qui sont pire que moi comme par exemple le couple d'amoureux jabri et jabrya rakchine au fond du cinoche en train d'échanger la suavité de leurs glandes salivaires avec l'image du fou baveux en fond d'écran et ses appels au meurtre et au viol comme fond sonore!!! (iyah fihom!!!)franchement il y a le Belvédère pour les amoureux en manque d'intimité et en panne d'inspiration!! quelle idée de ramener sa copine pour la peloter dans le fond d'une salle qui projette un film d'auteur à la limite du supportable!!! pour ce qui ont échangé des baisers à ce moment je me demande s'ils ont fait l'économie de leur salive après avoir vu cette scène de bave dégoulinante et si chacun des partenaires a remis en question l'image projetée par sa moitié ?!!de plus comme je suis célibataire, entre nous zed chemet fihom!!! comment peut-on se permettre de s'afficher en public devant les pauvres frustrées en manque d'affection et en quête éternelle de l'âme soeur comme moi?!!!c'est inhumain...enfin bref c'était une parenthèse revenons au film);Je ne dirai pas si j'ai aimé ou non le film,( je n'ai jamais été pour la pensée unique et je ne veux pas influencer les autres de mon avis) c'est à voir et à chacun de se forger sa propre opinion; néanmoins, le public est unanime sur une chose: le film provoque un sentiment d'oppression à cause de la violence psychologique qui se dégage des scènes qui sont pour certaines à la limite du supportable. Le spectateur devient en proie à la claustrophobie face à Nun, prisonnier de lui même et de l'hôpital et qui essaie de s'en sortir par l'automutilation. Jounoun c'est aussi l'incompréhension d'une femme mère/marâtre ( Fatma ben Saidane)cruelle et fragile dans son ignorance et son amour animal de son fils aîné. Junun c'est l'histoire d'une psy qui défendra son patient corps et âme, malgré la misogynie de ses confrères et les préjugés moraux de la société. elle jouera à la fois le rôle de la mère et de la femme aimée... J comme Jocaste mais aussi comme Junun qui a redonné au mythe d'Oedipe ses lettres de noblesse; Nun fera tout pour tuer ce père qui est en lui et qui hante son esprit par delà sa mort et l'empêche de vivre; cette image dégradée qu'il a de la femme-la femme péché- c'est aussi celle de la mère violée sous ses yeux par un père trop souvent saoul, violent et bavard et qui continuera à le harceler de sa voix l'écrasant de tout son poids; le poids d'Anchise sur le dos d'Enée. Deux mères pour Nun, comme pour tous les héros mythiques (la naissance des héros se fait très souvent sous le signe du double) une mère biologique et une mère spirituelle, si la première lui a donné la vie, la seconde sera sa mère de substitution qui l'accompagnera dans son long cheminement vers la découverte de l'autre et de soi puis le guidera dans sa libération et dans l'apprentissage de la vie. Deux pères aussi, l'un mort et l'autre bien vivant sous l'apparence du frère KHA à qui il prêtera ses traits physiques que nous découvrons sur la photo dessus la télé. Deux couleurs dominent dans Junun le rouge,ce rouge chthonien de l'enfer et du sang,de l'obsession de tuer comme Cain tua Abel, ce rouge fratricide et matricide couleur de la terre, souillure d'Eve et de la mère qui infante dans la douleur. c'est aussi le vêtement des soeurs quand elles sortent se prostituer mais aussi la couleur de la rose portée sur le costume blanc du maquereau. D'un autre côté le bleu, symbole ouranien de la pureté de l'âme et de l'élévation, couleur froide, le bleu est la couleur qui provoque le moins de chocs émotionnels. on la retrouve par touches à el Razi mais c'est surtout la couleur des murs de la maison familiale peints à la chaux. Mais il ne faut pas se leurrer derrière ce bleu omniprésent de la demeure parentale, se trouve des touches de rouge ( l'écharpe jetée sur le divan, le vêtement de la soeur, le rouge à lèvre...) qui rappellent avec inquiétude la précarité du sentiment de sécurité pour une personne déséquilibrée. Ce rouge excite les malades comme nous le voyons dans une scène centrale du film à el Razi, tout comme le rouge excite les taureaux dans les corridas. Le personnage oscille entre ces deux couleurs dans ses moments de crise de démence et son retour toujours précaire à la réalité. Cependant, malgré une mise en scène soignée et un goût assez certain du détail les reproches que nous pouvons faire au film sont: la théâtralité du jeu des acteurs et des décors qui sont assez excessifs pour un film ( les bagarres familiales sont chorégraphiées et le débit des personnages a des ampleurs toutes théâtrales: le regard fixe et les lèvres qui remuent)et le fait que Nun soit quasi analphabète (il a quitté l'école à 12 ans) et s'exprime plus que correctement en français et regarde et comprend les films sur France 2. Il y a donc un manque certain de vraisemblance mais peut on vraiment reprocher à l'art de transcender la réalité?Junun met en scène ses dualités; celle d'un schizophrène et de son combat contre lui même, contre cet autre qui le ronge et le détruit, cet autre qui est peut être son père mort, à la fois haï et tant aimé ; cet autre qui le persécute c'est aussi ce grand frère Kha, proxénète, fraîchement sorti de prison... et cette mère pour qui rien ne compte plus que son aîné mais qui reste sensible à la souffrance de son fils dont elle est en partie responsable... mais l'autre c'est aussi nous, société, la froideur de nos regards, nos craintes et nos indifférences face à cette maladie qui nous renvoie sans doute à ce que nous ne voulons pas être, à cette part animale et inconsciente en nous qui nous rappelle sans cesse que derrière le regard que nous croisons chaque matin dans la glace, peut se cacher un Nun en puissance...qui peut à tout moment faire surface.
Tunisiennes, fausses blondes à fortes poitrines, cherchent mari
Publié par jolanare à 12:51 19 commentaires
tu es tunisienne, tu as entre 25 et 35 ans et tu n'es pas encore mariée tu rêves de devenir blonde, parce que tu te sens blonde au fond, ta mère te pourrit la vie parce que tu sors trop, tu vois trop de garçons et que comme tu es bent familia, elle s'étonne que ma ijibech omou vu ke mnine et dour tu es celle à laquelle on dit encore aya waktech nafrou7ou bik!!!!!, aya winou????? ; tu es bien loin de bent khaltek el jahla et kheliket rabbi, ki elle, a pu se trouver un mari tandis que toi comme par hasard (ou peut etre mas7oura as tu fini par te dire)tu ne tombes que sur les phobiques de l'engagement wa ella sur le super jabri bogosse el fouchana (bien sur prêt à se marier!!!) belle jeune et jolie et en plus cultivée, (mais maleureusement maudite) tu as enfin compris qu'il fallait te teindre en blonde, pour trouver l'homme de ta vie... Parce que avec les neurones qu'ils ont, avoir autant de cervelle qu'eux serait le seul moyen de communiquer et de se faire comprendre. (E.T. cherche maison!!!!)
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